Hérésie
D’être vanné, parfois, des bêtises du monde
;
N’est en rien sinécure et de ce désarroi ;
Naît sentiment confus qu’il
faut que l’on émonde
Pour des clameurs publiques éviter le
charroi.
Etriqué, engoncé, par ces mines pérennes ;
Que sont
l’hégémonie d’un vulgum trop pecus ;
Brassant la moindre idée sans qu’il la
bien comprenne
Affirmant péremptoire, soutenant mordicus ;
Que la vie ne
serait qu’exercice pratique
Permettant d’aborder, plus tard, en souverains
;
D’autre lieux où seraient, exemptés de tactique,
Leurs ersatz de culture
par trop contemporains ;
M’amène, incontinent, un rictus à la bouche,
A
vouloir disserter avec ces bateleurs.
Mais qu’ils soient en sedia, en kippa,
en babouches,
En zélés philanthropes ils ne sont qu’haut-parleurs.
Car
tous, en se targuant de faits bien millénaires
Alors qu’ils mettent en doute
leur propre quotidien ;
Exultent, en ânonnant de leurs antiphonaires
Des
laudes, des louanges, en rythmes circadiens.
Et moi, de n’être pas de
leurs réjouissances
Me fait montrer du doigt par ces buissons ardents.
Il
faut faire comme eux, sans désobéissance !
Ailleurs point de salut ! Malheur
aux dissidents !
Anxieux je les questionne. « Où vais-je aller
ensuite
La camarde ayant fait, habile entregent ;
Que je sois du troupeau
bêlant à la poursuite
D’un juge et pasteur qui serait indulgent ? »
-
Vous aviez cru choisir en liberté première
Que penser différent vous ferait
bon aloi.
Aucun de nos moutons ne saute la barrière !
Nos pâtres et leurs
chiens sont garants de la Loi !
- Mon âme s’en ira alors dans les
étoiles
De Saint-Exupéry paître avec son mouton.
Le petit prince ému en
fera une toile,
Entre Lion et Balance, bien curieux singleton.
»
C.S. 13/11/2002